Pourquoi un repère de ton avant la session
Si vous publiiez déjà avant d'utiliser l'intelligence artificielle, vous disposez d'une matière que les outils ne reconstituent pas seuls : une manière d'écrire reconnaissable par vos lecteurs. Quand la production s'accélère, le risque n'est pas tant de produire des textes faux que des textes lisses, interchangeables avec ceux de n'importe quel concurrent.
Un échantillon de style répond à ce risque de façon économique : quelques extraits écrits de votre main, choisis et annotés, qui servent de point de comparaison. Le préparer en amont change la séance, puisque vous arrivez avec votre propre matière au moment où le programme aborde la production de contenus, au lieu de travailler sur un exemple générique.
Sélectionner : quatre filtres à appliquer dans cet ordre
Parcourez vos publications et vos écrits professionnels, puis passez chaque candidat par les quatre filtres ci-dessous. Arrêtez-vous à cinq extraits retenus : la documentation d'Anthropic sur la rédaction de consignes recommande d'inclure trois à cinq exemples pour orienter le format, le ton et la structure d'une sortie.
Un extrait utile tient en 150 à 400 mots, et vous pouvez couper au milieu d'un texte long : ce sont les premières phrases, les transitions et la façon de conclure qui portent le style.
- Paternité : avez-vous écrit ce texte intégralement vous-même, sans assistance et sans réécriture par un prestataire ? Si vous hésitez, écartez.
- Représentativité : ce texte ressemble-t-il à ce que vous publiez d'ordinaire, ou était-ce une exception de ton ?
- Variété : vos extraits couvrent-ils au moins deux intentions, par exemple expliquer un sujet technique et raconter une situation vécue ? La documentation citée insiste sur la diversité des exemples, pour éviter qu'un modèle ne retienne un schéma involontaire.
- Satisfaction : relisez à voix haute. Si vous avez envie de corriger une phrase sur deux, ce texte est un brouillon, pas un modèle.
Que garder, que laisser de côté
Les candidats évidents ne sont pas toujours les plus utiles. Voici les cas qui reviennent souvent quand on fouille ses propres archives.
| Candidat possible | Ce qu'il révèle de votre style | Décision |
|---|---|---|
| Votre publication la plus partagée | Peu de choses : la portée dépend aussi du sujet, du moment et des relais | À écarter si le ton n'y est pas typique |
| Un article d'explication technique rédigé par vous | Votre vocabulaire, votre usage des exemples, votre façon de simplifier | À garder en priorité |
| Un courriel détaillé répondant à une question client | Votre voix la plus naturelle, votre manière d'adresser un interlocuteur | À garder, après retrait des informations confidentielles |
| Un texte institutionnel validé en interne | Le style de la chaîne de validation, pas le vôtre | À écarter |
| Une publication courte de trois lignes | Un rythme, mais trop peu de matière pour caractériser une voix | À garder seulement en complément |
Annoter et mesurer : la fiche de style en trois lignes
Sous chaque extrait, ajoutez trois lignes : ce que vous voulez conserver, ce que vous ne voulez jamais voir, et le destinataire visé. Par exemple : conserver les phrases courtes et les comparaisons concrètes ; ne jamais voir les formules du type « dans un monde en constante évolution » ; destinataire, un responsable d'atelier pressé. Ces trois lignes transforment un corpus en consigne réutilisable.
Ajoutez un repère chiffré pris dans vos propres textes. Dans Microsoft 365, l'onglet Accueil puis Éditeur et Statistiques du document affiche comptages, moyennes et mesures de lisibilité, dont le test Flesch Reading Ease, qui note le texte sur 100, un score élevé signalant une lecture plus facile. Microsoft précise que ces mesures ne s'affichent pas pour tous les passages selon la langue : relevez donc d'abord la longueur moyenne des phrases de vos extraits, puis comparez-la à vos productions assistées. Regroupez enfin le tout dans un seul fichier, chaque extrait précédé d'un titre court et encadré par une balise explicite comme « example », balisage que la documentation d'Anthropic conseille pour qu'un modèle distingue les exemples des instructions.
Mise en situation entièrement fictive : l'échantillon de Camille
Exemple inventé pour l'exercice, sans lien avec un cas réel. Camille dirige un bureau d'études en acoustique de six personnes et publie depuis quatre ans des notes techniques. Camille retient d'abord les deux publications les plus commentées, puis les écarte toutes les deux : une prise de position polémique et un remerciement après un salon, qui ne ressemblent pas aux textes écrits chaque semaine.
L'échantillon final compte quatre extraits : une note expliquant pourquoi un faux plafond ne résout pas la réverbération, un retour de chantier à la première personne, un courriel de 200 mots sur un dimensionnement, et l'introduction d'un guide pratique. Camille remplace le nom du donneur d'ordre par une mention générique et retire les montants. Les annotations font apparaître un point jamais formulé : chaque texte s'ouvre sur une objection du lecteur, jamais sur une présentation de l'entreprise. C'est ce constat qui sert ensuite de consigne de travail.
Erreurs fréquentes au moment de constituer l'échantillon
Quelques défauts suffisent à rendre un échantillon inexploitable. Ils sont faciles à éviter si vous les repérez avant de commencer le tri.
- Confondre performance et style, en retenant des publications sur le seul critère du nombre de réactions.
- Trop en apporter : vingt extraits se contredisent et ne décrivent plus aucune voix identifiable.
- Ne garder qu'un seul format, par exemple cinq publications promotionnelles.
- Oublier le nettoyage et laisser un nom, un montant ou une référence de dossier dans un extrait.
- Livrer les extraits sans annotation, en espérant que la lecture suffise à faire ressortir l'intention.
Questions fréquentes
Combien de publications faut-il réunir ?
Trois à cinq extraits suffisent : c'est l'ordre de grandeur que recommande la documentation d'Anthropic pour orienter le ton et le format d'une sortie. Au-delà, vous passez plus de temps à trier qu'à écrire.
Faut-il choisir mes publications les plus performantes ?
Pas nécessairement, car la portée d'un texte dépend aussi de son sujet, de son moment de parution et de ses relais. Retenez plutôt les textes que vous reliriez sans avoir envie de les retoucher.
Je n'ai presque rien écrit avant d'utiliser l'IA. Que faire ?
Puisez dans vos écrits non publiés : courriels détaillés, réponses à des questions techniques, notes de présentation, fiches produit. À défaut, rédigez deux courts textes à la main avant la session, sur des sujets que vous maîtrisez.
Que faut-il retirer des extraits avant l'exercice ?
N'y laissez aucune information confidentielle ni donnée personnelle : remplacez noms, coordonnées, montants et références de dossier par des mentions neutres. Le style ne tient ni aux noms propres ni aux chiffres, vous ne perdez donc rien d'utile.
Repères et limites
Cet article porte uniquement sur la préparation d'un échantillon de style personnel. Il n'aborde ni le paramétrage d'un outil particulier, ni le choix des plateformes de diffusion. Les mesures de lisibilité citées servent de repère relatif entre vos propres textes et non de note de qualité ; Microsoft indique d'ailleurs que Word n'affiche pas toujours ces mesures selon la langue du passage. Le cas présenté est entièrement inventé.
Sources et ressources
Donnez une suite concrète à votre projet.
Consultez le parcours « IA Marketing de contenus » et ses modalités pour préparer votre échange avec notre équipe.
Demander le programme par e-mailVotre messagerie s’ouvre avec la formation et l’article préremplis. Envoyez ensuite votre demande à contact@acadea-formations.fr.
Consulter le programme →